Suivre l'avancement d'un grand projet de conservation monumentale en milieu rural exige une documentation scientifique rigoureuse et une information citoyenne transparente. Au travers de ce fil d’actualités et d’analyses érudites, l’Association pour la Sauvegarde de l’Église Saint-Martin de Bethonvilliers partage ses découvertes archéologiques de terrain, ses rapports géotechniques périodiques et ses réflexions sur les politiques publiques de préservation du patrimoine protégé d’Eure-et-Loir. Nos écrits, rédigés par les membres de notre conseil scientifique et nos restaurateurs agréés, incarnent notre idéal républicain d'une science ouverte et accessible à tous, libre de toute fonction commerciale.
Restauration de la nef : Découverte d'un raccord de maçonnerie du XIe siècle
Publié le 12 Mars 2026
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Catégorie : Archéologie du Bâtiment
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Auteur : Dr François Legrand (INRAP)
Fig. 1 : Vue rapprochée de la zone de transition stratigraphique sous les mortiers de purge du mur gouttereau sud de l'église Saint-Martin.
Lors de la purge minutieuse des mortiers de ciment étanches appliqués abusivement au cours des années 1970 sur le flanc méridional de l'édifice, notre équipe technique de maçonnerie traditionnelle a mis au jour une discontinuité stratigraphique majeure de l'appareil. La mise à nu des lits de silex bruts a révélé la présence d'un raccord d'angle harpé en grison ferruginaire dont la stéréotomie et le liant de chaux sableuse très grasse diffèrent nettement de l'enveloppe générale du XIIe siècle.
Ce témoin architectural résiduel suggère de manière quasi indubitable l'intégration d'une structure antérieure préromane, probablement une petite chapelle domaniale carolingienne datée de la fin du Xe ou du tout début du XIe siècle. L'analyse par thermographie infrarouge et l'examen pétrographique des fragments de liants carbonatés, coordonnés en liaison directe avec les services archéologiques de la DRAC Centre-Val de Loire, permettront d'étayer cette hypothèse de travail majeure pour la connaissance monumentale de la haute vallée de l'Huisne.
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Le grison du Perche : Géotechnique d'une roche ferrugineuse oubliée
Publié le 28 Janvier 2026
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Catégorie : Pétrographie & Matériaux
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Auteur : M. Jean-Claude Marot (DRAC)
Fig. 2 : Texture oolithique d'un échantillon de grison issu d'anciennes carrières percheronnes, montrant les fortes concentrations d'oxydes de fer.
Le grison, calcaire gréseux à très forte teneur en oxyde de fer, constitue la signature chromatique incomparable des églises médiévales du Perche d'Eure-et-Loir. Cette roche ferrugineuse de couleur chocolat, extraite de carrières superficielles aujourd'hui totalement comblées ou boisées, présente des propriétés physiques hautement singulières, notamment une porosité élevée garantissant une excellente perméabilité à la vapeur d'eau de l'édifice, mais une relative fragilité mécanique face aux cycles de gel-dégel s'il est associé à des liants inadaptés.
L’association s'attache à documenter scientifiquement ces caractéristiques géotechniques pour guider nos chantiers de restauration active. En s’interdisant l'usage de mortiers modernes imperméables qui bloquent l'humidité au cœur du grison et provoquent son éclatement prématuré par alvéolisation, nos compagnons réhabilitent l'usage exclusif de la chaux hydraulique naturelle NHL 2 mélangée à des sables de rivière lavés. Cette alliance de matériaux traditionnels garantit que les parements de Saint-Martin de Bethonvilliers conserveront leur élasticité structurelle et leur respiration naturelle pour les siècles futurs.
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Mise en place du chantier d'assainissement : Bilan de la campagne géologique 2026
Publié le 15 Janvier 2026
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Catégorie : Génie Civil & Hydrologie
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Auteur : M. Pierre Laurent (Président)
Fig. 3 : Forage de sondage périphérique destiné à évaluer le niveau hydrostatique de la nappe phréatique sous le chevet de l'église.
L'humidité excessive constitue le fléau le plus redoutable pour la statuaire et les maçonneries anciennes de notre église rurale. En prélude aux travaux physiques de rejointoiement, l’association a mené une vaste campagne géologique périphérique en vue d'évaluer le taux d’humidité des sols d’assise et de tester la performance du système de drainage installé lors de nos premières campagnes d'assainissement de 2018. Les relevés piézométriques et les mesures de résistivité électrique du sous-sol confirment une stabilisation satisfaisante de la nappe hydrostatique sous la nef.
Néanmoins, des remontées capillaires résiduelles subsistent au niveau du chevet plat, favorisées par un mauvais écoulement des eaux pluviales de la toiture du chœur. Le plan opérationnel 2026 intégrera donc une révision complète des gouttières en plomb et la création d'un lit de graviers drainants extérieurs, évitant ainsi toute stagnation hydrique au contact direct des fondations médiévales de grison.
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